La vérité sur les cosmétiques

Faut-il avoir peur des silicones ?

26 septembre 2017
Faut-il avoir peur des silicones ?

Pendant longtemps, les silicones ont été principalement décriées par les défenseurs de l’environnement, considérées comme (seulement) polluantes mais sans danger pour la peau et la santé. Ce qui était pour le moins une grave erreur qui commence à peine à être corrigée.

1/ LES SILICONES, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Les silicones sont des substances composées de silicium et d’oxygène. Leur obtention forme des polymères aux structures moléculaires de grandes dimensions. Elles peuvent être de structures et de textures variées, allant du plus fluide (huiles) au plus rigide en passant par des états visqueux, résineux, pâteux ou cireux…

2/ À QUOI SERVENT-ELLES ?
Elles sont utilisées très largement par la cosmétique conventionnelle pour leurs propriétés émollientes et de conditionneur capillaire. Le toucher souple et soyeux de certaines crèmes ? Ce sont elles.  Le gainage, l’impression de brillance, douceur, tenue après l’application d’un soin capillaire, encore elles !

3/ CERTAINES SILLICONES DÉNONCÉS PAR LA COMMUNAUTÉ SCIENTIFIQUE
Réputées pour être bien tolérées par la peau, non comédogènes, dénuées de potentiel irritant notable et fort peu allergisantes, elles n’inquiétaient pas vraiment jusqu’à récemment. Seule la cosmétique bio les a toujours bannies des formules de ses produits. Pour la cosmétique conventionnelle, les silicones restent un must, et  sont encore autorisées sans aucune restriction.

« Tout change aujourd’hui, explique Claire Gagliolo, directrice de la recherche d’OFFICINEA. Les études scientifiques prouvent désormais que certaines silicones sont des CMR : des composés cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction…, considérés comme de véritables perturbateurs endocriniens. »

4/ QUELLES SONT LES SILICONES DANGEREUSES ?
Deux types de silicones, les D4 et les D5 sont particulièrement concernées. La D4  appelée aussi Cyclotetrasiloxane est classifiée CMR2 : elle est suspectée d’être toxique pour la reproduction humaine. La D5, connue sous le nom de Cyclopentasiloxane, n’est pas classifiée. Toutefois, elle présente un potentiel toxique avéré et contient aussi, ne serait-ce qu’à l’état de traces, de la Cyclotetrasiloxane. Ce qui est aussi le cas, et en quantités beaucoup plus importantes, de la Cyclomethicone.

5/ QU’EN EST-IL DES CMR EN COSMÉTIQUE ?
Le Règlement Cosmétique 1223/2009 est clair : « L’utilisation, dans les produits cosmétiques, de substances classées comme CMR de catégorie 2 […] est interdite » (Article 15). Que fait encore alors la Cyclotetrasiloxane (D4) dans les cosmétiques ? Il semblerait que cette interdiction « automatique » des CMR ait été contestée par l’industrie conventionnelle. De discussions en concertations avec les autorités réglementaires, la mise en œuvre de cette mesure a semble-t-il été longuement reportée. Plus pour très longtemps, pourtant. Fin juin 2017, l’Union européenne a transmis à l’OMC un projet de règlement visant à interdire de façon effective dans les cosmétiques 209 ingrédients classés CMR… dont la Cyclotetrasiloxane (D4) . Mais, le temps que le processus réglementaire suive son cours, il faudra attendre encore jusqu’en 2018 pour ne plus voir cette silicone dans les produits mis sur le marché.

6/ QUEL AVENIR POUR LES SILICONES EN COSMÉTIQUES ?
L’avenir de la Cyclotetrasiloxane (D4) et Cyclopentasiloxane (D5) semble joué. Les autorités en charge des cosmétiques ne sont pas les seules à pouvoir en limiter l’impact. Ainsi, suite à leur évaluation dans le cadre du règlement REACH, les D4 et D5 ont été jugées suffisamment nocives pour l’environnement pour qu’il soit décidé de limiter leur concentration à 0,1 % dans les produits cosmétiques à rincer. Mais là encore, cette mesure ne devrait être effective qu’en 2018…

 

On résume ? À terme, la D4 sera interdite, la D5 limitée à 0,1 % dans les cosmétiques à rincer, et vraisemblablement interdite dans les produits capillaires coiffants en aérosols et les produits de protection solaire. À terme… En attendant, il vaut mieux les éviter et traquer dans les listes d’ingrédients les composés dont le nom se termine par -methicone ou par -siloxane. Ou choisir des cosmétiques bio, qui ont su trouver des alternatives végétales pour obtenir dans leurs produits les mêmes intérêts… sans les dangers !

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