La vérité sur les cosmétiques

Phénoxyéthanol : 7 raisons de le bannir !

18 novembre 2016
Phénoxyéthanol

Le Phénoxyéthanol est un conservateur bien connu et très utilisé en cosmétique conventionnelle. Pourtant sa toxicité est avérée alors même qu’il est autorisé par la réglementation européenne.  

Cette dernière  impose que sa concentration dans les cosmétiques soit limitée à 1% de la formule. Dans ces conditions, nous assure-t-on, il peut être utilisé dans toutes les catégories de produits, y compris les soins pour les bébés. Peu importe que les consommatrices ou leurs enfants utilisent plusieurs produits en contenant, dépassant ainsi allègrement les fameux 1%.

1 – C’EST UN ÉTHER DE GLYCOL
Le Phénoxyéthanol fait partie de la famille des éthers de glycol, directement issus de la distillation du pétrole. On en connaît environ 80. Beaucoup d’entre eux sont fortement toxiques pour l’Homme, avec des effets qui se traduisent par des stérilités, des anomalies de la durée ou de la régularité des cycles menstruels, des difficultés à concevoir, des avortements spontanés, des dommages pour l’embryon, des malformations congénitales…

2 – IL A UN POTENTIEL TOXIQUE AVÉRÉ
En 2008, l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité) publie une fiche toxicologique sur le phénoxyéthanol. Elle indique que cette substance est facilement absorbée par voie cutanée et métabolisée en acide phénoxyacétique, qui peut induire des effets neurotoxiques et des troubles neurologiques. Un potentiel nocif d’autant plus important qu’un éther de glycol est facilement absorbé par la peau quand il se présente sous forme liquide (ce qui est très fréquemment le cas des cosmétiques).

En 2012, l’ANSM (Agence nationale de sécurité sur les médicaments et les produits de santé) procède à une évaluation de la sécurité du phénoxyéthanol. Sa conclusion : marge de sécurité acceptable chez l’adulte mais insuffisante chez les enfants de moins de 3 ans. L’Agence française demande alors à l’Europe (dont les textes font la loi cosmétique sur tout le territoire européen, y compris en France), de nouvelles restrictions pour l’utilisation de la substance. Demande qui ne sera pas suivie d’effet.

3 – IL BÉNÉFICIE D’UN RÉGIME SPÉCIAL 
La cosmétique utilise principalement quatre éthers de glycol dits de type E, dont la particularité est de provoquer la formation de composés toxiques dans l’organisme.
En 2000, la Commission de sécurité des consommateurs (une instance européenne) recommandait déjà une substitution complète des éthers de glycol de type E par des substances équivalentes et ne présentant pas de risques.

En 2009, l’Europe a limité fortement l’utilisation de plusieurs éthers de glycol de type E en cosmétique, mais  n’a pas touché au phénoxyéthanol… alors que le même type de restrictions que pour les autres éthers de glycol était envisagé par les experts !

4 –   IL RESTE AUTORISÉ
Le dossier de l’ANSM est transmis aux experts européens, qui concluent, en mars 2016… que tout va bien !!!  Selon leurs termes, « le phénoxyéthanol est sûr à la concentration maximale actuellement en vigueur, et pour tous les consommateurs, quel que soit leur âge« . Ce qui veut dire : y compris pour les bébés, malgré l’alerte de l’Agence française. Résultat : son statut réglementaire ne changera pas, et le phénoxyéthanol restera autorisé dans les cosmétiques à hauteur de 1 % de la formule.

5 – Il A AUSSI UN POTENTIEL ALLERGISANT
Autre donnée scientifique reconnue : le phénoxyéthanol a un potentiel allergisant. Des cas de sensibilisation cutanée (la première étape du déclenchement de l’allergie), se traduisant par des eczémas et des urticaires, sont connus. Et ils sont pratiquement toujours en rapport avec une utilisation régulière de produits cosmétiques contenant du phénoxyéthanol.

6 – IL EST FACILEMENT SUBSTITUABLE
Si les éthers de glycols sont encore présents dans les cosmétiques aujourd’hui, c’est qu’ils sont très faciles à formuler, sans odeur pour interférer avec celle du produit, et d’un coût faible pour les fabricants. La plupart sont utilisés en tant que solvants, par exemple dans les colorations pour cheveux. Le phénoxyéthanol, lui, est employé pour ses propriétés de conservateur. Les industriels ont pourtant à disposition d’autres solvants, et d’autres conservateurs !

Non les fabricants ne sont pas OBLIGÉS de les utiliser ! D’ailleurs, la cosmétique bio y arrive très bien…

7 – PAS DE PHENOXYETHANOL DANS LES LABELS BIO 
Mais c’est un choix éthique et sanitaire et qui a des répercussions sur la difficulté à formuler et le coût de revient des produits. Mais c’est aussi la seule protection contre ses effets indésirables : le Phénoxyéthanol est  interdit d’utilisation dans les cosmétiques souscrivant aux critères des chartes des cosmétiques écologiques et biologiques (Ecocert, Cosmébio, Nature & Progrès, Cosmos, NaTrue, BDIH…).

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2 Commentaires

  • Répondre Fressineau 13 juin 2017 a 18 h 45 min

    Pouvez vous m indiquer les cremes solaires qui seraient les plys inoffensives?? Car qfc que choisir à sirtie une liste de produits cismetiqyes dangereux. Mais il serait opportun de connaitre lmla liste des produits d usage quotidien les moins dangereux.

    • Répondre Officinea 15 juin 2017 a 13 h 43 min

      Des crèmes solaires sans FILTRE solaire mais avec seulement des ECRANS solaires.
      Les écrans solaires sont des particules minérales naturelles inertes (oxyde de Zinc ou Dioxyde de Titane) et fonctionnent non pas en absorbant les rayons UV comme les filtres* mais en les réfléchissant… comme des écrans !
      Ces écrans stoppent complètement les rayons solaires et sont utilisés sous forme de microparticules, typiquement de quelques micromètres (millièmes de millimètre). Dans ce cas de figure, ils colorent la crème en blanc (une de leur utilisation en cosmétique est celle de colorant blanc) qui reste visible sur la peau.
      Pour éviter cette coloration blanche de l’écran total sur la peau, les fabricants ont trouvé la solution : la poudre est très finement broyée et réduite en nanoparticules. Ces particules sont alors réduites à l’ordre du nanomètre (un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre = 10–9 m = 0,000 000 001 mètre). Le règlement européen des cosmétiques décrit le «nanomatériau» comme « étant un matériau insoluble ou bio-persistant, fabriqué intentionnellement et se caractérisant par une ou plusieurs dimensions externes, ou une structure interne, sur une échelle de 1 à 100 nm ». Il dit aussi que tout ingrédient présent sous la forme d’un nanomatériau doit être clairement indiqué dans la liste des ingrédients. En effet, le nom de l’ingrédient doit être suivi du mot «nano» entre crochets.
      Cela dit, si vous utilisez Clean Beauty, l’application gratuite qui vous permet de comprendre la composition de vos cosmétiques, vous pourrez lire sur les nanoparticules (et non pas sur les poudres micro fines) « En 2014, l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) a pointé les effets encore méconnus de ces technologies infiniment petites dont la taille pourrait favoriser le passage dans l’organisme. »
      Les crèmes « les plus inoffensives », selon vos termes, seraient donc celles composées uniquement d’écrans minéraux qui ne soient pas sous forme de nanoparticules.

      *Les filtres chimiques ou organiques, comme leur nom l’indique, ne font que filtrer les rayons solaires. C’est la raison pour laquelle il faut en associer plusieurs pour avoir une action sur un maximum de longueurs d’ondes différentes. Les rayons Ultra Violet sont divisés en différentes longueurs d’onde en fonction de leur énergie :
      • UVA (320 à 400 nm), • UVB (290 à 320 nm) arrêtés par le verre de montre, •UVC (< 290 nm) arrêtés par la couche d'ozone. nm pour nanomètre.

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